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Quelques écrits pour faire place à la plume.

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Emaverie : n.f. Endroit où il fait bon rêver.

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  • Création : 01/11/2007 à 11:21
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Design by emaverie

L'emaverie

Emaverie : n.f. Endroit où il fait bon rêver.

Dans cet endroit, il n'y a aucun murs.
Il n'y a qu'un fauteuil blanc moelleux qui offre le meilleur confort possible.
Il est incliné pour vous permettre de voir le ciel.
Et dans ce ciel, il y a des milliards d'étoiles singulières.
Lorsque vous en choisissez une, elle vient à vous et vous pouvez ainsi la lire.

Dans l'emaverie, chaque étoile est une idée, un texte.

Installez-vous confortablement dans son fauteuil blanc et profitez de sa diversité stellaire.

Bonne lecture !
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#Posté le jeudi 01 novembre 2007 11:49

Une promenade sous la pluie

Il est 7h. Le soleil s'installe à l'horizon, derrière les nuages qui se dégorgent.
Bien qu'on ne le voit pas, il éclaircit le ciel gris.
Des globules d'eau atterrissent sur ma tente par un cliquetiquetac qui berce l'esprit.
Je regarde ces larmes du ciel ruisseler sur tous les cotés de la toile pendant près d'une heure.
Toile qui me garantis le sec. Je ne me lasse pas d'observer, de rêver.

Je me lève et m'accoutre de vêtements légers et nullement imperméables.
Je prends une serviette, la met dans un sac de plastique, je mets mes gougounes et je sors.
Douche matinale froide qui contraste de la chaleur de mon sac de couchage.
Toutefois, plus elle me trempe, plus la pluie prend de la tiédeur.

Je sors du camping sous l'ondée fraîche et me dirige pédestrement vers le village.
Pas personne dans les chemins embouettés, l'averse paralyse les gens au dedans.
Voire si quelqu'un sortirait par ce mauvais temps!
Les plus téméraires sortent sur leur balcon à l'abri de la mouille.
Ils sourient. Ils sont téméraires j'vous dis!

Déjà je suis trempée des cheveux aux orteils. Pis j'suis ben!
De gentils gens affolés m'offrent de me protéger sous leur galerie abritante.
Ils pensent que je vais mourir de la pluie.
Je les rassure en leur disant que j'ai un objet de sauvetage dans mon sac en cas d'hypotherpluie.

Comme j'ai faim, je focalise sur le dépanneur.
Seul magasin général qui reste; aujourd'hui ce dernier est devenu un Igua dans une autre ville.
Super cuuuuuute le dépanneur.
Pas d'affaires de supermodernisation qui fait BiBiBiBip quand on entre.
La caissière au grand sourire, des gens qui jasent par manque de soleil.
Le soleil en fait, il est là. Les villageux se le recréent dans le dep.

Arrivée sur le perron, je sors de mon sac mon essoreuse de tissu et me sèche.
Après avoir enlevé assez de dégoutines, je m'enveloppe pour me réchauffer un peu.
En entrant dans le dépanneur, je reçois une ruée d'étonnements de par des visages hébétés.
On m'offre un chocolat chaud en toute modestie et je me joint à leur jasette.

Ça a duré bien des minutes! De longues minutes au semblant d'heures.
Le soleil a tellement brillé dans le dep. qu'un moment donné des rayons sont sortis par la fenêtre et se sont installés dans le ciel.
Il faisait beau.

À chaque matin, je me suis rendu au dépanneur pour jaser avec un chocolat matinal.
Il a fait beau le reste de la semaine.
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#Posté le vendredi 02 novembre 2007 04:53

Le conte du lutin

Après une jasette au dépanneur, je me rend dans un parc aux balancignes.
Tout en me balancignant, je me raconte des histoires.
Histoires de magie, de rêves, de parc, de futur.
Certaines dans mon enregistreuse de voix, d'autres que je préserve dans ma tête.
Des contes pour plus tard. Plus tard quand ils se réaliseront.

Au lieu de recréer le passé, je crée le présent et le futur.
Au lieu d'histoires qui se sont passées, les miennes sont de celles qui se passeront.
Le temps est une question de conjugaisons.
Je suis sur ma balancigne et je viens de vivre celle que j'avais écrite il y a quelques temps.
Celle de ma promenade sous la pluie qui est ici même, sur ce blog.
Le temps n'existe pas.

Le conte du lutin, je le connais déjà à l'heure qu'il est, dans ma berçoire.
Je l'ai vécue hier!
C'est que le temps n'existe pas, comme je vous l'ai dit il y a deux phrases.
Enfin.. Je vous le raconte.


Je viens d'arriver dans ce village qui me faisait tant envie depuis quelques temps.
Un village où l'air est empli de légèreté.
Où le dessus de nos tête est rempli de ciel.
Où il y a toute la place nécessaire pour rêver.

Je m'installe au camping et vais par l'après faire le tour des chemins.
(rues serait trop métropolitain)
Je m'offre un cassau de framboise pour l'itinéraire.
Et ainsi, je passe un après-midi de vagabondage.
Le placotage va bon train aussi, avec de nouvelles têtes (et une plus connue).

Le soir venu, il est temps.
Depuis de très nombreuses journées, j'attends ce moment où le soleil tombe de l'autre côté du monde, pour aller rencontrer ces petits êtres fantastiques près de la traverse populaire.
J'emporte avec moi des choses à leur faire plaisir.
Musique, fromage du Québec, raisins.
On m'a conseillé de les attirer avec des sous, mais je n'aime pas cette idée de lutins capitalistes.
Et en plus, je ne veux pas les attirer, car ils ne viendront pas.
Je veux aller vers eux, c'est comme ça que je pourrai les voir.

Entre le chemin et la forêt, je m'installe dans le gazon et je chantonne.
Je me concentre et laisse tomber les barrières de mon esprit.
Ces blocages qui savent très bien que les lutins n'existent pas.
Ce soir, heureusement, il n'y a personne pour me faire penser autrement.

Je leur parle et je sais qu'ils m'entendent.
Mon esprit tente de réfuter mon imagination. Je ne le laisse pas prendre le dessus.
Voir du lutin, c'est une question de contrôle de soi.

Et c'est alors, qu'après m'avoir totalement contrôlé le cerveau, j'entends des petits grelots.
Mes yeux ne le voit pas encore, mais il est là, devant moi.
Je ferme donc les yeux pour mieux le voir.
C'est là que je l'aperçois, ce petit être connu de tous les imaginaires de ce monde.
"Un nain nain" - Un petit lutin haut comme dix pommes en fait.

Il est quelque peu différent de ceux qu'on n'a jamais vu.
Ce lutin-ci est tout de vert vêtu, pour le camoufflage. Il a un long bonnet vert, une chemise aux boutons d'or, des petites, mais longues oreilles et ne porte pas le barbier. Il a un joli visage; rien de gonflé. Ses "suyiers" sont aussi longs que ses oreilles, mais ne sont pas en bananes comme on pourrait le croire.

Je lui offre un morceau de St-Paulin et croyez-le ou non, il l'a prit.
J'avais les yeux fermé pour le voir et sa petite main s'est approprié, dans ma vue imaginaire, le morceau de fromage.
Je viens pour ouvrir les deux oeils, pis comme je me l'avais bien imaginé, il est là, en chaire de lutin, devant moi à manger mon bout de froum.

Je passe ainsi la veillée à jaser avec un lutin que pas grand monde a vraiment vu.

Ce qu'on s'est dit reste suspendu dans le temps. Comme je vais vivre cette rencontre bientôt, je ne veux pas me dévoiler tous les punchs.

La pluie commence ensuite à dégoutter et je m'en vais vers ma tente me coucher.
Le lendemain, au petit matin, il pleut encore.
Je vais raconter ma veillée d'hier au gens du dep., suivant une balade sous l'averse. Une promenade que vous connaissez...
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#Posté le vendredi 02 novembre 2007 04:55

L'ascenseur


Devant moi, six portes d'argent. L'une d'entre elles s'ouvre, souvent la même, et j'entre dans cet espace carré, qui m'est si commun depuis des années. J'y suis bien. C'est le seul moment de la journée où je me retrouve seule avec moi-même, l'instant de 53 étages.

Comme à l'habitude, je suis prise au milieu d'une vingtaine d'autres personnes. Cependant, bien vite je ne les verrai plus. Les portes se referment. Je fais de même. Nous nous élevons et quelques secondes plus tard, la voix mécanique se fait entendre : 1er étage, et j'entre alors dans mon univers...

Tout d'abord, le vide. Un vide lucide, un bien-être. Je suis seule; une solitude qui me rassure. Je retrouve mon soleil intérieur, celui qui m'illumine chaque jour, chaque seconde. Je suis en paix avec moi-même. Et là, en ce moment précis, un sentiment m'envahit. Un bonheur et une émotion pure surviennent en moi. Une pensée si belle, si forte qu'elle veut sortir de mon esprit. Je la laisse se détacher. Elle s'envole et se transporte doucement jusqu'à toi. C'est alors que tu l'entends... Portés par un souffle, deux mots viennent caresser ton coeur : Je t'aime! Je le vois, tu souris tendrement. Ensuite, tu continues ta vie et moi je reste sur ces souvenirs de toi. Une chaleur m'enveloppe. Un feu ardent, une flamme sereine; les paradoxes semblent livrer bataille dans mon esprit.

Je l'avoue, mon coeur est épris. Mais quelle belle sensation quand tu en es la cause! Je crois que ce sont tes yeux, ils m'ont séduit. Par ton sourire, tu as également su me charmer. Écoute-moi! Si tu veux bien de moi, je suis prête à tout pour toi. Partager du temps, des espoirs, des envies. J'aimerais connaître avec toi les plaisirs de la vie. J'aimerais aussi découvrir qui se cache derrière cette image que j'ai de toi. J'aimerais savoir quoi t'offrir pour te rendre heureux, quoi te dire pour te faire sourire, quoi faire pour te plaire. Je désire comprendre ta vision de la vie, je désire être avec toi... et je te désire. J'ose le dire. De ces moments éphémères que je passe à tes côtés, j'aimerais qu'ils deviennent des jours entiers, des mois et des années. Prends ma main ou serre-moi dans tes bras et dès lors tu sentiras tout l'amour que j'ai pour toi.

48e étage.
Sache que je ne peux m'empêcher de penser à toi et chaque jour je te réserve cet instant. Je t'en prie, maintenant réponds-moi! Je sais que tu m'entends.

50e étage.
Il te reste trois étages pour me répondre, pour me parler.

51e étage.
Après je disparaîtrai pour le reste de la journée.

52e étage.
Qui sait s'il y en aura une autre?

53e étage.
Les portes s'ouvrent. Mes pensées s'évaporent. Une autre journée de travail commence.


L'ascenseur. Écrit en automne 2005.
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#Posté le mercredi 14 novembre 2007 06:25

Absurde, j'ai besoin de toi !

Chère absurde (ou abats sourds au masculin et dans une langue étrangère),

Cela fait bien longtemps que tu n'a pas frotté mes oreilles avec du plexiglace. Mais où est donc car ni or depuis toutes ces années? Et toi? Pourquoi as-tu disparu si vite? Ma folie ne te comblais plus? Les jours d'Ivory savonnent les nuits et toi tu t'éclipse au gré du Dove? Il a beau être vert, ça ne te donne pas le droit de fuir mon esprit absurde! Non! Reviens absurde! Tu as ta place Martine! Martine tu le sais Martine! Je jonglerai pour toi avec des gaz à effets de serre, mangerai des prunes aux pluies minières, mais reviens absurde!

Cette lettre sera pour toi, il y a quelques minutes depuis que tu as commencé à lire.
Les temps ne me dérangent plus, tant que tu reviennes!

Je t'en conjure absurde, soit mienne!

Ta bien aimée,
Ta passionnée.
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#Posté le jeudi 15 novembre 2007 16:08

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